Le chien guide, la canne blanche

L’importance de la canne blanche quand on veut un chien guide

Aujourd’hui je vais revenir sur un point essentiel dans la remise du chien : la rééducation en locomotion. Je suis ambassadrice du mouvement chiens guides j’ai donc fait des sensibilisation auprès de déficients visuels et je me suis rendue compte que pour beaucoup de personnes, moi la première, chien guide veut dire plus de canne blanche, ce qui est vrai mais uniquement en partie.

Dans mon article sur ma demande de chien guide d’aveugle, j’explique que j’ai rencontré plusieurs intervenants de l’école de chiens guides d’aveugles d’Ile de France à Coubert, dont un instructeur en locomotion, Grégoire, qui est venu évalué mon autonomie à la canne. Après cette évaluation, la commission pluridisciplinaire a donné un avis favorable à ma demande de chien mais uniquement après une rééducation en locomotion. Franchement, je n’ai jamais remis en cause les décisions de l’école et j’ai accepté cette rééducation (il est vrai que je n’avais pas le choix, car sans elle, on ne me remettais pas de chien…), mais dans mon for intérieur (et oui, j’aime bien me parler de temps en temps), je me demandais bien pourquoi, alors que je voulais me déplacer avec un chien, il fallait que j’apprenne à me servir d’une canne, je n’ai rien contre, mais bon quand même, je trouvais ça superflu!

Grégoire m’a expliqué que le chien n’était qu’un moyen de plus pour se déplacer mais ce n’est pas un GPS, c’est le déficient visuel qui connait son trajet et qui donne les indications à son chien qui lui, a pour mission d’éviter les obstacles et les dangers potentiels sur le parcours du déficient visuel, il faut donc toujours savoir d’où on vient, où on est et où on va… de plus, le chien guide d’aveubles reste un animal qui peut se trouver dans l’incapacité de vous guider, par exemple s’il est blessé, ou bien s’il y a des travaux sur le trottoir et que vous devez les contourner par la chaussée, vous devez être en mesure de le faire en toute sécurité, même chose pour traverser une rue, ce n’est pas le chien qui déclenche la traversée, mais le déficient visuel et si on n’est pas autonome sans le chien, on ne le sera pas davantage avec.

Durant cette rééducation en locomotion, entièrement prise en charge par l’école de chien guide d’aveugle d’Ile de France,  j’ai appris à me servir de mes autres sens pour me diriger, le premier qui vient à l’esprits est l’ouïe, en effet, on dit que quand on perd un sens, les autres se développe, c’est vrai, mais il faut quand même apprendre à décrypter les informations que l’on perçoit, par exemple, savoir quand traverser en analysant le flux de la circulation, ou bien reconnaitre la sonorité qui résonne quand on passe devant un porche ou au contraire qui s’élargit quand on arrive dans un carrefour. Il y a également le toucher, très important chez les aveugles, avec les mains bien sûr, mais également avec les pieds, pour reconnaitre les fameuses bandes podo-tactiles devant les passages piétons, les escaliers ou bien encore sur le quai du métro… Nous avons, dans une moindre mesure l’odorat, très pratique pourtant quand on cherche une boulangerie ou une parfumerie par exemple, je suis imbattable pour reconnaitre les boutiques Lush… Et le dernier, qui n’est pas vraiment un sens, qui est la perception des masses et , qui nous indique si on est proche d’un mur ou non. Je ne parle pas du goût car en locomotion, il n’est pas d’un grand secoure, il est plus utile à table…

J’avais déjà une canne blanche depuis 6 ans, donc je n’ai pas eu à apprendre la technique de canne, qui consiste à balayer devant soi de gauche à droite au rythme de ses pas, en veillant à ce que la canne balaie toujours du côté opposé du pied qui avance (si vous avancez le pied droit, la canne ira balayer vers la gauche et repartira vers la droite quand vous avancerez le pied gauche). Cette technique vous assure d’avancer en ayant toujours vérifier au préalable avec votre canne qu’il n’y a pas d’obstacles devant vous, la seule limite étant les obstacles en hauteur, les boites à lettres par exemple, c’est pour cette raison qu’il est conseillé de ne pas suivre les murs…

Tout ça pour dire que durant cette rééducation, j’ai appris à me servir de tous mes sens et à devenir autonome à la canne et maintenant je sais que cette rééducation est la clé de tout car à présent, je fais attention à beaucoup plus de choses avec mes oreilles, mon odorat, mes pieds… et dans la mesure où ma chienne s’occupe des obstacles, je suis en mesure d’analyser mon environnement pour savoir si je suis dans la bonne direction, si je m’approche de la boulangerie, si elle s’est bien arrêtée devant les passages piéton… et surtout, même si je préfère sortir avec ma chienne, je sais que je suis en mesure de me déplacer avec ma canne.

A partir du 29 novembre, c’est un nouveau challenge qui m’attend puisque je reprends la rééducation en locomotion avec Grégoire afin d’apprendre à me diriger avec mon implant rétinien et début 2018, ce sera la canne électronique, encore beaucoup de travail en perspective je le crains et je l’espère pleins de bonnes choses à la clé !

 

A bientôt pour un nouveau papotage !

Et toujours mes conseils maquillage pour déficientes visuelles sur YouTube

Retrouvez-moi sur ma page FaceBook Les Mains de Babeth.

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