Le chien guide, la canne blanche

Pourquoi j’ai un chien guide d’aveugle

Bon, à un moment, il faut bien que ça arrive dans la vie d’un déficient visuel : la compensation du handicap visuel passe par la canne blanche ou le chien guide.

Je vais vous parler de mon expérience personnelle donc ce que je dis n’engage que moi et c’est mon ressenti personnel et il ne sera pas le même pour d’autres.

Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, j’ai une rétinite pigmentaire de type récessif, c’est-à-dire que mes deux parents étaient porteurs sains et que mes trois enfants le sont également. J’ai fait une recherche génétique à l’hôpital des 15/20 et je sais que le gène incriminé est le CRB1 et que c’est une forme assez sévère, les premiers signes sont apparus à l’adolescense (perte de la vision nocturne et apparition des premières tâches sur ma rétine) et aveugle en 2016 à 47 ans. Je passe tout le cheminement médical et j’en arrive en décembre 2005, date à laquelle j’ai eu ma canne blanche.

Pour moi, ça a été une libération car les gens ne me bousculaient plus, je ne me cognais plus aux réverbères et aux pancartes, je ne ratais plus les bords de trottoirs, c’était vraiment génial. A cette époque, bien qu’ayant un champ visuel déjà très rétréci, j’avais une bonne acuité visuelle centrale, les déplacements étaient donc faciles, je lisais encore, je travaillais sur ordinateur sans aide visuelle et bien qu’étant considérée comme un peu maladroite  car je renversais beaucoup de choses, dans mon esprit, je n’étais pas encore malvoyante ou déficiente visuelle, je disais que je n’avais pas de champ visuel c’est tout…

A partir de 2006, la maladie a évolué très rapidement et j’ai admis que j’étais malvoyante, je ne voyais plus la télévision,  je ne pouvais plus lire sur papier, j’ai arrêté de sortir seule en 2008 et je suis restée cloitrée chez moi jusqu’en 2012.

En novembre 2011, j’en ai eu marre de cette situation et j’ai décidé de faire une demande de chien guide d’aveugle auprès de l’école de chiens guides d’aveugle d’Ile de France à Coubert.

Alors là, la remise ce n’est pas du tout comme je l’imaginais car dans mon esprit, je demandais un chien et on m’en remettait un, au revoir Madame, vous êtes fort urbaine, et Zou le chien ramène moi à la maison.

Mais que nenni non point ! On doit présenter un dossier de demande et après avoir rencontrer divers intervenants de l’école (éducateur de chien, instructeur en locomotion, responsable déficients visuels), une équipe pluridisciplinaire décide si on est éligible ou non, il y a trois réponses : oui, oui mais… et non..

Moi, ça a été Oui mais…, et la condition pour que j’ai un chien était que je fasse une rééducation en locomotion. Pour parler simple, je devais apprendre à me déplacer avec une canne, mais ça je savais faire !

Encore une fois, que nenni non point car j’avais appris à me servir d’une canne quand j’avais encore une bonne vision centrale, et là, j’étais devenue complètement bigleuse et je ne me servais plus de ma canne depuis 3 ans  !

Durant cette rééducation, pour moi,  d’un an, mon instructeur en locomotion m’a appris comment analyser un carrefour et à traverser en écoutant la circulation, apprendre à m’orienter par rapport à un repaire au sol (bateau, pavés…), à marcher droit sans rester collée aux murs ou à la bordure du trottoir en bloquant mes épaules, à m’orienter dans le métro, à apprendre un itinéraire en prenant des repaires…), tout ça pour que je sois le plus autonome possible.

Et au bout de cette rééducation : le graal ! J’ai pu obtenir un chien. Entre-temps, je m’étais rendue à l’école pour faire connaissance avec le chien guide (déplacements au harnais, soins, jeux, ordres) et quand ma rééducation en locomotion a été terminée, j’ai fait des essais avec des chiens qui pouvaient potentiellement m’être remis pour déterminer lequel me conviendrai le mieux principalement en allure de marche car c’est un des critère les plus important, il y a également la taille et enfin le feeling.

En décembre 2012, j’ai eu une petite labrador noire au harnais et ça a été un coup de cœur, c’était ma petite Fadja, j’ai essayé d’autres chiens avant et après elle, mais je savais qu’il fallait que ça soit elle ! et en avril 2013, j’ai appris qu’elle me serait officiellement remise début mai et depuis, après le stage de remise, on fait équipe dans la joie et la bonne humeur !

Dans un prochain article, je reviendrai plus en détail de ce stage de remise et de la façon dont fonctionne une équipe Déficient visuel/chien guide d’aveugle.

A bientôt pour un nouveau papotage !

Et toujours mes conseils maquillage pour déficientes visuelles sur YouTube

Retrouvez-moi sur ma page FaceBook Les Mains de Babeth.

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